Saison 2019

 » XIVème Festival Musiques Interdites 2019 « 

« Pour la première fois à l’Opéra de Marseille saison 2019-20, l’Opéra de Bela Bartok dans une nouvelle version française en ouverture du Festival Musiques Interdites 2019. Des chanteurs acteurs d’exception pour un chef d’œuvre atemporel : une mise en espace et en abyme avec des œuvres de Victor Vasarely et Salvador Dali. »

Le Festival Musiques interdites 2019 se déroulera, du 10 Novembre au 1er Décembre 2019 en partenariat avec l’Opéra de Marseille et le Conservatoire Darius Milhaud d’Aix en Provence.
En coréalisation avec l’Opéra de Marseille, nous proposons la création à Marseille de l’opéra de Bartok « Le Château de Barbe Bleue » avec un rôle-titre de renommée internationale Nicolas Cavallier et la révélation du festival Musiques interdites 2018 Chrystelle di Marco, soprano dramatique. La mise en espace sera portée par des projections d’œuvres de Vasarely et Dali.

L’Ensemble Musical à géométrie variable Ensemble Musiques Interdites créé en 2018 participera à ce festival 2019 avec un effectif allant de 25 musiciens aux formes de chambre. 2018 a permis lors de la création du « Knaben Wunderhorn » de Mahler. L’ Ensemble Musiques Interdites en grande formation proposera une nouvelle version d’un chef d’œuvre de Mahler ainsi qu’en formation de chambre des œuvres en prélude au Festival 2020.
Enfin, cinq récitals lyriques consacrés à des compositrices et compositeurs interdits permettront à de brillants jeunes chanteurs et chanteuses de se révéler autour d’artistes confirmés.

Opéra Salle LE CHATEAU DE BARBE-BLEUE

Bela Bartok Le Château de Barbe Bleue (1911) Création à l’Opéra de Marseille – 10 Novembre Opéra de Marseille 17H

Bartok, « l’auto-interdit » qui exigea en 1938 de faire partie de l’exposition nazie Musiques Dégénérées et qu’aucune de ses œuvres ne soit jouée ni qu’aucune rue ne porte son nom tant que les dictatures persisteraient … Bartok, « l’auto-exilé » qui tel Barbe Bleue se mure dans l’adieu définitif de la création intérieure… et qui dans son seul opéra composé en 1911 pose les questions de l’art et de l’amour, de la liberté et de l’inéluctable, du passage de « l’incertitude à l’insupportable certitude » tel qu’il définit son exil vers les Etats Unis en 1940. Certitude et incertitude projetées sur la scène et conjuguées dans une mise en abyme par les œuvres d’un autre exilé hongrois Victor Vasarely et les appels au surréel d’un Salvador Dali.
Pourquoi un nouveau livret en français ?
Bartok dès la composition de Barbe Bleue avait demandé à la femme de Kodaly une traduction en allemand du livret de Balazs pour sa future création à Weimar (1925). C’est dire s’il tenait au l’intelligence par le public des paroles d’où d’ailleurs son exigence du parlando pour les chanteurs*. La traditionnelle traduction française de Michel Calvacoressi nous a semblé prendre trop de licence par rapport au sens premier et nous proposons une nouvelle traduction en collaboration avec Mme Enikö Sombrin du Consulat de Hongrie à Marseille.
Pourquoi Vasarely et Dali ?
Bartok participa au mouvement pictural et culturel de la Modernité Hongroise (1905-1920) ainsi qu’a pu le souligner la critique de Izor Beldi lors de la création du Château à Budapest « la musique de Bartok renchérit sur le texte « pathologique » de Balazs… il se peut qu’elle soit la musique de l’avenir, mais elle n’est en aucun cas celle du présent… Pourtant le génie de Bartok s’y exprime dans toute sa redoutable grandeur. Il fut révolutionnaire, il est anarchiste désormais ; il a suivi le néo-impressionnisme, à présent il dépasse même le cubisme musical ». On considère le portrait de Bartok par Bereny (1913) que l’on rapproche de ce jugement du peintre dans son essai sur le compositeur « … l’ensemble des sons se présente à lui comme la totalité des couleurs (la nature visible) au peintre ; il perçoit les sons à la manière du peintre qui distingue les couleurs de la nature qu’il observe » (Journal Nyugat 1911). Nous pensons ici au clavier synesthésique de couleurs de Scriabine, à son Poème du Feu (1910) et aux Noces de Stravinsky que Raman Schlemmer d’après les archives de son grand père donna en 2008 à Bâle.
Barbe Bleue un opéra ? ou le rituel de la création ?
L’adresse du Regös (le « shaman » du folklore hongrois) dans le Prologue sert de véritable cadre à la création : « Hoi ! le conte, où le cacher/Etait-il ou n’était-il pas une fois ? ». Demeny, membre des jurys des concours de 1911 et 12, explique sa décision : « Cette œuvre (…) il la présenta aux concours d’opéra qui la refusèrent. Avec raison puisque tout génial qu’il soit, le Château de Barbe Bleue ne correspond pas à la définition élémentaire d’un opéra – ce n’est pas un opéra ». On repense à l’article de Kodaly « Ce texte « sans événements » est dépourvu de tous les poncifs habituels de l’opéra… la courbe dramatique et la courbe musicale se développent en parallèle et se renforcent mutuellement, en un double arc-en-ciel grandiose ». On serait tenté, de pair avec le sous-titre de Balazs « Mystère », non de se diriger vers un médiévisme art nouveau dû à la figure du « Barde » mais en se référant au primitivisme du « Regös » hongrois de se réorienter vers la mantique archaïque. Résurgence et renouveau du passé. A la structure en arche – chère à Bartok – on peut juxtaposer une structure cyclique (la mélodie pentatonique du début et sa tonalité reprenant avec la fin de l’œuvre), la temporalité dramatique (Aube, Midi, Crépuscule, Nuit) des « femmes » de Barbe Bleue renaissant avec l’aurore de sa nouvelle solitude. S’agirait-il d’un opéra de l’éternel retour ne s’accomplissant que dans son devenir ? Et dépassant l’anecdotique rapport homme-femme, une parabole humaine où le « trajet » est certes un tracé scénique mais qui doit sans cesser réinventer le sens de sa provenance et de sa fin…

Michel Pastore 2019

*« Jusqu’ici, j’ai partout constaté que, dans Barbe-Bleue, les chanteurs veulent interpréter les passages parlando (la majeure partie des parties chantées se compose de tels passages parlando) dans un rythme fixe (tempo giusto). C’est pourquoi j’attire votre attention sur le caractère complétement erroné d’une telle conception, alors qu’une sorte de chant parlé doit régner sans partage » Lettre de Bartok au chef d’orchestre Ernst Latzko (1924) pour la création de l’opéra à Weimar (1925)

  •  Chrystelle di Marco soprano
  •  Nicolas Cavallier baryton
  •  Lorenzo Lefebvre récitant
  •  Orchestre Philharmonique de l’Opéra de Marseille
  •  Jean Philippe Dambreville direction
  •  Roberto VenturiPhilippe Venault vidéo lumière scénographie
  •  Michel Pastore mise en espace
    En collaboration avec la Fondation Vasarely et Dali Paris

Récital Alma Mahler – Lieder 1910 – 1924

Récital Alma Mahler – Lieder 1910 – 1924 –
16 Novembre Marseille Eglise Saint Victor Crypte 20H

Née Schindler le 31 août 1879, fille du peintre paysagiste Emil Jakob Schindler et de la cantatrice Anna Bergen, Alma grandit dans la Vienne[ ] artistique de la fin XIX° et devint l’étoile de la Sécession Viennoise. Idole de Zemlinsky et de Klimt, elle se voue à la musique et compose des lieder. Son mari Gustav Mahler lui demandera d’abandonner la composition. Elle sera successivement la maitresse incandescente de Kokoschka, l’égérie de Hans Pfitzner et de Alfred Roller, l’épouse de l’architecte Walter Gropius – fondateur du Bauhaus – et du romancier Franz Werfel. Elle fuira les nazis et sera sauvée à Marseille par Varian Fry. Exilée aux USA, elle se consacrera à l’œuvre de Mahler et dénoncera la domination des hommes dans ses écrits sans jamais revenir à la composition. Elle décède à New York le 11 décembre 1964.

  •  Oriane Moretti soprano
  •  Vladik Polionov piano

Récital Gustav Mahler Lieder 1884 – 1902 – 16 Novembre Marseille Eglise Saint Victor Crypte 21H

  •  Remy Bres-Feuillet contre-ténor
  •  Yoann Pourre piano

Récital Giacomo Meyerbeer Grands Airs 1831 – 1865 – 17 Novembre Marseille Eglise Saint Victor Crypte 20H

De son vrai nom Jakob Liebmann Meyer Beer est un compositeur juif allemand né à Tasdorf le 5 septembre 1791 et mort à Paris le 2 mai 1864. Compositeur d’opéras le plus célèbre (et le plus joué) au XIXe siècle avant même Mozart, Verdi ou Wagner, il remporte ses plus grands triomphes avec seulement trois œuvres, Robert le Diable (1831), Les Huguenots (1836) et Le Prophète (1849), considérées comme fondatrices du « Grand opéra français » : son quatrième grand opéra, L’Africaine est créé de façon posthume en 1865. Il réussit la synthèse entre l’orchestral allemand, le bel canto rossinien et la déclamation française, et vise déjà, avec le leitmotiv, l’œuvre d’art totale : « internationalisme » qui lui sera reproché par les nationalistes et fustigé par Wagner. Joué moins souvent après la Première Guerre mondiale, ses opéras furent interdits par les nazis et la renaissance du bel canto italien après la Seconde Guerre mondiale n’a guère réhabilité ses opéras.

  •  Claudia Sorokina soprano
  •  Vladik Polionov piano

Récital Fanny Mendelssohn Grands Airs 1831 – 1865 – 17 Novembre Marseille Eglise Saint Victor Crypte 21H

Fanny Mendelssohn, sœur du compositeur Felix Mendelssohn, est une compositrice et pianiste allemande, née à Hambourg le 14 novembre 1805 et morte à Berlin le 14 mai 1847. Elle fait partie des rares femmes compositrices de renom au XIXe siècle, avec Hélène de Montgeroult, Clara Schumann et Louise Farrenc. Elle connut de nombreux poètes tels Heine, Eichendorff et Goethe dont elle mit les œuvres en musique. Son père et son frère l’empêcheront de se consacrer à la composition. Marié à Wilhelm Hensel celui-ci l’encouragera à jouer et à publier ses œuvres. Voyageant peu contrairement à son frère, elle rencontrera et impressionnera Berlioz et Gounod qui décrivit Fanny comme « une musicienne inoubliable, excellente pianiste … femme d’une intelligence supérieure ». Elle écrira plus de 250 Lieder et une centaine de pièces pour piano et meurt à l’âge de 41 ans. Son œuvre sombrera dans l’oubli tandis que celle de son frère et leur patronyme seront interdits par les nazis.

  •  Lucile Pessey soprano
  •  Marion Lyotard piano

Erich Korngold Chants de l’Adieu (1920)
Franz Schreker Cinq Chants Profonds (1922)
Erich Korngold Sonate n 2 (1910) – 29 Novembre Conservatoire Aix en Provence 20H30

Deux compositeurs encore ignorés … les autrichiens Korngold et Schreker… Si l’aîné Schreker succomba d’avoir été démis de ses fonctions de Directeur du Conservatoire de Berlin par les lois raciales, Korngold dut son salut à la musique de film en recevant le premier Oscar sur ce thème à Hollywood en 1938 échappant ainsi à l’invasion nazie de l’Autriche.

  •  Lucie Roche mezzo soprano
  • Vladik Polionov piano

IV° Symphonie Gustav Mahler

IV° Symphonie Gustav Mahler – 30 novembre 2019 Marseille Eglise Saint Victor Nef 20H – 1 décembre 2019 Conservatoire Aix en Provence 17H

Après le « Chant de la Terre », « Les Chants d’un Compagnon Errant » « Rückert Lieder » et le « Knaben Wunderhorn » donnés en 2016 – 17 – 18 et diffusés en CD, nous complétons avec la IV° Symphonie. Le quatrième mouvement Das himmlische Leben (la vie céleste) est repris du cinquième lied de Des Knaben Wunderhorn, écrit dès 1892. Mahler décida d’en faire le finale de sa symphonie et conçut alors les trois premiers mouvements. Sa gestation eut lieu pendant les vacances de l’été 1899 que Malher prit après deux années de fonction en tant que directeur de l’opéra de Vienne, poste très prenant qui l’empêchait de composer aussi librement qu’il le souhaitait. Il ne reprit les ébauches qu’à l’été 1900 et acheva alors la partition en moins de trois semaines. Parution du CD label BelAir Music.

  •  Pauline Courtin soprano
  •  Ensemble Musiques Interdites
  •  Jean Philippe Dambreville direction
Réservations :
Opéra de Marseille (10€ à 25€)
Église Saint Victor (20€ – Pass 30€ pour 2 récitals 20h et 21h) Placement libre
Renseignements : musiquesinterdites@free.fr

La Saison 2019 en détail

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