« Utopie et Dictatures »

Concert Performance:
Erwin Schuloff Concerto pour piano.
Hanns Eisler Chants Graves.
Kurt Weill Les Sept Péchés Capitaux.

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Après la création de « Marie Galante » en 2016, Musiques Interdites conclut l’exil de Weill à Paris avec ses « Sept Péchés Capitaux » en regard de deux chefs d’œuvre de ses « camarades » black listés par les dictatures nazie et stalinienne : Hanns Eisler et Erwin Schuloff.
Une performance avec la participation de la grande soprano dramatique Janice Baird et de l’Orchestre de l’Opéra de Marseille dirigé par Victorien Vanoosten.

  • Direction musicale: Victorien VANOOSTEN
  • Soprano: Janice BAIRD
  • Ténor: Florent LEROUX ROCHE
  • Ténor: Carlos FIDALGO
  • Basse: Antoin HERRERA-LOPEZ KESSEL
  • Baryton: Mikhaël PICONNE
  • Danseuse: Maud BOISSIÈRE
  • Chorégraphe: Christine LYON-MOAL
  • Piano: Vladik POLIONOV

Déclaration d’Intention

  • En 1933, le mécène surréaliste Edward James a l’idée d’un « songspeil » où sa femme, la danseuse Tilly Losch, aurait un double lyrique. Kurt Weill, en exil à Paris, fuyant la dictature national socialiste, collabore pour la dernière fois avec Brecht sur « Die Sieben Todsünden der Kleinbürger» (Les Sept Péchés Capitaux chez les petits bourgeois) où sa femme, Lotte Lenya, chantera Anna et où son double sera la danseuse.

Dénonciation de la marchandisation de l’humain et de l’impérialisme du capital, cet opéra va explorer tous les registres musicaux d’un occident au seuil de son apocalypse, des chants grégoriens au jazz, du lied au cabaret, pour signifier « en négatif » l’issue d’une nouvelle ère possible mais incertaine à l’Est. (34mn)

  • En 1925, Erwin Schulhoff crée son Concerto pour piano et orchestre. Rallié à l’idéologie soviétique, compositeur en 32 de la Cantate « Manifeste du Parti Communiste », mais compositeur interdit dès 33 par les nazis en tant que juif, Schulhoff se verra refuser son exil par la Russie pour mourir dans le camp de concentration de Wülzburg en 1942. Immense créateur idéaliste, trahi par son idéal même, son œuvre sombra dans l’oubli des anonymes apatrides. (21mn48)

(Nous entendrons avant ce concerto la pièce pour piano « Jazz » – 1mn – jouée en 1928 par Schulhoff lui-même)

  • Hanns Eisler, communiste comme Schulhoff, après l’aberration de la première guerre mondiale, interdit par les nazis et exilé comme Weill aux USA d’où il fut expulsé avec Brecht en 48, auteur en 49 de l’hymne de la RDA, vit la fin de sa vie et de son œuvre mises au ban de l’index soviétique. Il n’entendit plus que son hymne officiel et sa dernière œuvre « Ernste Gesänge » (Chants Graves) de 1962, année de sa mort, reflète à jamais la seule utopie perdurable : celle de la création qui survit à toute dictature. (12mn 19)

(Nous entendrons avant les « Chants Graves » l’hymne de la RDA – 1 mn 51 – composé et chanté par Hanns Eisler)

This performance is funded in part by the Kurt Weill Foundation for Music, Inc., New York, NY.

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